Incendie aux entrepots de la #SNCC a #Bukavu , #RDC

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Aujourd’hui, vers 22h, des femmes vivant près des entrepôts SNCC à Bukavu ont alerte le quartier, car des petites flammes semblaient s’échapper de ces derniers. A mon arrivée sur les lieux deux heures plus tard, les petites flammes s’étaient transformées en immense brasier, et les deux entrepôts étaient en feu.

J’ai été frappe par la scène de chaos qui se déroulait sous mes yeux. Des mamans s’étaient visiblement réveillées en sursaut, avaient vite enfile un pagne, et s’affairaient a évacuer les lieux portant un matelas, un sac et leurs enfants. Elles se dirigeaient, le visage terrifie, vers les tribunes de la place de l’Indépendance. Beaucoup de ces femmes sont des épouses de policiers, qui vivaient dans des bidonvilles délabres colles a l’entrepôt car c’est une parcelle de l’Etat, donc occupable gratuitement par elles.

Pendant ce temps, des enfants et des jeunes regardaient, dépites, les flammes monter de la colline. Les habitants des maisons plus éloignées, de l’autre cote de la route a 100 mètres de la, évacuaient aussi car la fumée rendait leur demeure invivable.

L’entrepôt de la SNCC  servait, entre autres, à stocker des munitions pour les FARDC. A mon arrivée, j’entendais ci et la des balles exploser. Poursuivant ma route pour mesurer l’étendue des dégâts, j’ai vu le taxi qui me précédait se faire arrêter par une quinzaine de jeunes en panique. Ils ont rapidement fait monter 3 blesses, visiblement inconscients, et sont partis en direction de l’hôpital général.

Arrive au bout de l’entrepôt, j’ai fais demi-tour. Les balles ont commencées a crépiter en rafale, au point ou par reflexe je me suis baisse de cote pour ne pas rester a hauteur des vitres de la voiture.

Arrive place de l’Indépendance, j’ai croise deux camionnettes de policiers, qui ne pouvaient que regarder impuissants l’incendie et ses coups assenés a la population. Encore plus loin, vers Feu Rouge, j’ai croise 3 jeeps de la MONUSCO, avec des casques bleus occupes a fumer une cigarette et plaisanter sur la route. Ils avaient clairement été appelés en raison de l’incendie car ils ne sont pas normalement stationnes la bas. Pourtant, d’ou ils se trouvaient, ils ne pouvaient voir que le halo des flammes et entendre les crépitements de balles au loin. Ils n’avaient aucun point de vision ni sur les entrepôts, ni sur la population qui les fuyait. En d’autres mots, ils ne servaient a rien.

Le plus triste dans cette histoire est que ce drame était parfaitement prévisible. A commencer par le fait que des familles de policier, dans leur misère apportée par un salaire dérisoire et irrégulier, se sont trouvées obligées de vivre collées a des entrepôts servant à stocker des munitions. Elles vivaient de plus dans des bidonvilles, c’est a dire qu’elles faisaient la cuisine dehors, a l’aide de réchauds a charbon traditionnels.

Ensuite, j’ai toujours été frappe par le fait qu’une ville comme Bukavu, comptant un million d’habitants et capitale de la Province du Sud Kivu, comptant près de 5,5 millions d’habitants, ne dispose même pas d’UN camion de pompier en état de rouler. J’ai fais une recherche sur internet et un 5 minutes ai trouve des camions d’occasion en parfait état pour 30,000 Euros en Europe. A qui veut-on faire croire que la Province, dont la DGI collecte chaque mois des centaines de milliers de dollars des grandes entreprises (Banro, Bralima, Pharmakina, etc…) et des ONG internationales, ne dispose pas des moyens d’avoir au moins 3 de ces camions en service pour éviter de tels drames ?

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Je suis curieux d’entendre les paroles de réconfort que Monsieur le Gouverneur tentera d’adresser à sa population demain. Quelles qu’elles soient, son échec ne peut pas être effacé. Car il est impossible qu’il se trouve des excuses pour qu’en 2013, une ville comme Bukavu ne puisse pas investir 30,000 euros dans la sécurité et la vie de ses administres. De par sa position, M. le Gouverneur avait la responsabilité de prendre les mesures préventives nécessaires. Il avait déjà été averti par l’incendie de la Poste l’année dernière, et ne saurait donc plaider l’ignorance. Il a donc failli à ses responsabilités, et la population en paie le prix.

L’erreur est humaine, l’important étant de la reconnaître et de la redresser. J’espère donc sincèrement que la plus haute autorité de la Province saura en tenir compte et faire preuve d’humilité dans son adresse à la population. Et que celle-ci se soldera par un engagement ferme, suivi d’effets, d’acheter au plus vite au moins 3 camions d’occasion en Europe et de former le personnel nécessaire pour que la ville de  Bukavu puisse enfin se prémunir de drames évitables, et que son administration fasse pleinement face a ses responsabilités.

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